BrockZone

BrockZone

Current track

Title

Artist

Background

Notre premier concert assis

Written by on 11 janvier 2021

Le 18 septembre dernier devait sonner le redémarrage des concerts au Noumatrouff de Mulhouse avec un show du suédois Bror Gunnar Johnson. On était plutôt chaud, prêt à renouer avec le combo sueur/bière/clope/décibels qui fait que ton week-end ne ressemble pas à ta semaine.

Quelques semaines plus tard, le monde du spectacle vivant se refermait pour de bon (et pour longtemps). C’est tout pour 2020, merci! Alors c’était comment un concert de rock au temps du Covid ?

Merci de respecter le sens de circulation

Première réflexion en arrivant, les mesures de sécurité commencent à s’accumuler sévère pour les salles de concert. Avec cette pandémie mondiale, j’avais presque oublié le parcours en zig-zag fait de barrières Vauban supposé ralentir les attaques terroristes.

Bref, nous zig-zagons gentiment, passons devant la sécurité masquée, qui vérifie que nous le sommes également, montrons nos tickets et pénétrons dans la salle. On comprend que nous devrons suivre un sens de circulation balisé pour passer du bar à la salle, une sorte de boucle qui évite de se croiser. De la même manière, une sorte de parcours nous permet d’accéder au bar sans croiser personne, comme une file d’attente chez H&M. Mine de rien, ne plus se jeter sur le bar en mode « meute assoiffée » en jouant des coudes enlève déjà une bonne partie de la bestialité habituelle du moment.

On commande nos bières et partons écouter la première partie dans le coin fumeur. Là, des tables sont installées et nous sommes autorisés à enlever nos masques pour boire nos bières (ce qui est préférable). Manque de chance, on est venus en nombre et on s’agglutine à 7 ou 8 sur une table. En gros, si tu dois te faire contaminer par le Covid, c’est à ce moment-là et ce sera par l’un de tes potes.

On papote, on fume, on reconnait un pote à la table plus loin et lui fait coucou sans se lever (interdit). En fait, tu ne te mélanges pas, tu restes avec tes potes. Le concert commence, on cul-sec les bières car on vient d’apprendre qu’il est interdit de les boire dans la salle.

Des chaises, des chaises partout.

En entrant dans la salle, on découvre la configuration Covid : des chaises partout. Honnêtement, on le savait à l’avance, mais ça fait quand même vachement bizarre de voir la salle comme ça.

On prend place, comme au théâtre, c’est à dire en faisant chier les gens assis sur les côtés et en s’excusant à grands coups de « Bonsoir, bonsoir, pardon, bonsoir » et on pose nos fesses sur deux rangées. Pas de gentil bordel pour atteindre la scène, on se pose sérieusement en rangs et du coup on déconne beaucoup moins, on n’ose pas trop parler en fait. Comme au théâtre.

Le concert commence, j’aime bien, je bats du pied et j’applaudis car en fait c’est tout ce que je peux faire. J’ai une pensée pour les copains qui n’apprécient pas la musique et qui sont piégés sur leurs sièges sans oser se lever.

Un autre truc tout con, fini la liberté d’aller et venir entre le bar, le coin fumeur et la salle. Si tu veux boire une bière tu vas sans doute faire chier tous les gens que tu viens de faire chier dix minutes plus tôt pour t’installer. Tout ça pour boire ta bière en quatrième vitesse dans le coin fumeur, rater un bon moment du concert et revenir faire chier les gens assis pour te ré-installer. Sans compter que tu cours le risque de te faire afficher si tu as la mauvaise idée de revenir au moment d’un morceau super calme et silencieux.

Métro, boulot, concerto

Le concert se termine, tout le monde se retrouve dans le coin fumeur, on discute un peu assis à notre table avant de quitter les lieux sur demande de la sécu. Petit moment de flottement ou tout le monde se lève, certains sans masques car ils ont encore leur bière et tout le monde se casse. C’était glauque.

Au final ce concert aura été une parenthèse un peu bizarre, quelque part entre un trip nostalgique de ta vie d’avant et un soutien à ta salle de concert. Les organisateurs n’y peuvent rien, ils ne font qu’appliquer la loi. Par contre l’avis de la BrockZone est définitif : un concert de rock assis, c’est complètement con.

Histoire de finir sur une note positive, j’ai assisté pendant le concert à une petite transgression des gestes barrières. J’ai vu du coin de l’oeil un mec en bout de rangée qui avait réussit à passer une bière dans la salle et qui la buvait discrètement tout en matant le concert. Ce mec là me fait dire qu’il y aura du monde aux concerts quand toute cette merde sera terminée.

PS : Bror Gunnar Jansson c’est assez sympa si tu aimes le blues-rock rétro


Reader's opinions

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *



Continue reading